HISTORIQUE [2/3] 2005-07-04

En 1911, la station sera dotée de 2 pendules horizontaux Galitzine munis du premier dispositif électromagnétique mis au point pour l'enregistrement des séismes, à la base de tous les systèmes modernes. Pendant la première guerre mondiale, faute de papier photosensible, on ne poursuivra que l'enregistrement mécanique des sismomètres Wiechert. Les autres ne reprendront que le 12 juillet 1919.



Sismomètre horizontal Galitzine d'Uccle. Au premier plan, le pendule composé d'une masse suspendue à deux fils. Une bobine fixée au bras du pendule (derrière la masse) se meut entre l'entrefer de l'aimant.



Le 30 avril 1930, un sismomètre vertical Galitzine-Wilip compléta la station. De 1910 à 1945, 9697 séismes furent enregistrés à Uccle, dont environ 80 locaux. Parmi ceux-ci, le plus important fut le tremblement de terre du 11 juin 1938 près d'Audenarde.

L'enregistrement classique par les sismomètres Galitzine et Wiechert s'est poursuivi jusqu'en 1962. Après cette date, plusieurs enregistreurs à encre enregistraient les 3 composantes des sismomètres Wiechert sur des rouleaux de papier. Ce système modifiait toutefois fortement la réponse fréquentielle des signaux et n'était pas adapté pour l'enregistrement des séismes locaux. Les sismomètres Galitzine et Wiechert furent déclassés dans le courant des années 1970 et remplacés en 1973 par trois sismomètres longues périodes Sprengnether/Press-Ewing. Les signaux de ces sismomètres étaient enregistrés en parallèle sur bande magnétique analogique et sur les enregistreurs papiers. Toutes ces données ont été archivées sur microfilms, dont la mauvaise qualité rend difficile leur utilisation à des fins scientifiques.



Sismomètre vertical Sprengnether / Press-Ewing. Pour les deux composantes horizontales, le ressort à boudin est remplacé par une suspension bifilaire.



Tous les instruments historiques, excepté les pendules lourds Bosch-Omori, sont toujours à l'Observatoire, ainsi que la plupart des systèmes d'enregistrement.









J.-M. Van Gils, en 1966, devant la "cabine de la sismologie" de l'O.R.B., où ont été effectués les enregistrements des sismomètres Wiechert de 1962 à 1970 et, ensuite, Sprengnether/Press-Ewing jusqu'en 1985. Les six enregistreurs permettaient d'enregistrer sans interruption pendant les changements de rouleaux les trois composantes Est-Ouest, Nord-Sud et Verticale du sismomètre.








En avril 1985, avec la modernisation du réseau sismique consécutive au séisme de Liège de 1983, la station d'Uccle fut dotée d'un sismomètre Sprengnether S-10 courte période à composante verticale dont le signal était enregistré, avec d'autres stations du réseau, à la fois analogiquement sur de nouveaux enregistreurs papier, qui restèrent en service jusqu'en 1999, et numériquement sur bande magnétique. La station d'Uccle entrait alors dans l'ère de la sismologie numérique.

Parallèlement, au cours du temps, les sismologues eurent aussi pour souci constant d'améliorer le chronométrage des enregistrements. Citons l'installation en 1909 d'une nouvelle horloge synchronisée - d'abord quotidiennement, puis en continu dès 1912 - avec le Bureau de l'Heure de l'Observatoire. Depuis 1984, des récepteurs DCF sont utilisés, en parallèle avec des récepteurs GPS depuis 1998. En 1909, l'exactitude atteignait 1 s et on obtint 0.1 s en 1912, alors que la DCF garantit actuellement le centième de seconde et le GPS, beaucoup mieux que le millième de seconde.

Étant située sur des sédiments peu consolidés, la station d'Uccle est très sensible aux vibrations causées par le développement urbain et industriel. Avec le temps les mesures sismiques étaient devenues de plus en plus perturbées. C'est pourquoi, en 1998, un forage a été réalisé jusqu'à 140 m de profondeur afin d'installer un sismomètre directement sur le socle rocheux et d'améliorer ainsi le rapport signal/bruit d'un facteur 10 à 30, suivant la bande de fréquence.

Enfin, un accélérographe est installé dans la cave sismique depuis 2003 pour enregistrer les mouvements forts du sol.

Le pavillon de séismologie tel qu'il est encore actuellement dans le parc de l'O.R.B. Le relèvement du sol devant le pavillon cache la voûte de la cave sismique. Tout à l'avant-plan, on voit l'extrémité du tube de forage où un sismomètre a été placé en 1998 à 140 m de profondeur.



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