TREMBLEMENT DE TERRE DU 22 JUILLET 2002 — ESCHWEILER - ALSDORF (DE)

Dernière modification : 2006-07-01

  1. Information générale
  2. Paramètres au foyer
  3. Carte de localisation
  4. Séismogrammes
  5. Mesures par le réseau sismométrique belge
  6. Contexte séismotectonique
  7. Effets du tremblement de terre et sismologie de l'ingénieur
  8. Répliques
  9. Sources, liens et documents


  1. Information générale

  2. Le 22 juillet 2002, à 05:45 T.U. (temps universel), soit 07:45 heure d'été belge, un séisme fit sursauter une bonne partie de la Belgique. L'épicentre était situé à Alsdorf, près d'Eschweiler, en Allemagne. La magnitude locale (ML), calculée sur base des stations du réseau belge, a atteint 4.9 ± 0.3. La magnitude de moment (Mw), calculée à partir des enregistrements large bande du réseau régional allemand, a atteint 4.6. C'est le plus important tremblement de terre dans nos régions depuis celui du 13 avril 1992 à Roermond, aux Pays-Bas, dont la magnitude de moment avait atteint 5.3. Le séisme du 22 juillet 2002 n'a causé que quelques dégâts légers dans la zone épicentrale en Allemagne, correspondant à une intensité VI sur l'échelle EMS 98.



  3. Paramètres au foyer

  4. Date et heure d'origine : 2002-07-22 05:45:04.79 T.U.
    2002-07-22 07:45:04.79 Heure belge
    Coordonnées de l'épicentre : 50.886° N  6.207° E
    INCERTITUDE : ± 0.8 km
    Profondeur de l'hypocentre : 16.4 km
    INCERTITUDE : ± 0.7 km
    Magnitude : ML 4.9  Mw 4.6  
    Intensité maximale : VI
    Région : ESCHWEILER - ALSDORF (DE)

    Source des données : ROB (Royal Observatory of Belgium)



  5. Carte de localisation

  6. Latitude : 50.886° N, Longitude : 6.207° E, Incertitude : 0.8 km




  7. Séismogrammes

  8. Le tremblement de terre a été enregistré par l'ensemble des stations du réseau sismique belge.



    Séismogrammes représentant la composante verticale du mouvement du sol en 14 stations et disposés de bas en haut suivant la distance croissante à l'épicentre. L'intervalle de temps représenté dans la fenêtre est de 120 secondes. On distingue clairement les arrivées des ondes P et S, qui montrent ainsi la vitesse de propagation des ondes sismiques.

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    Station Distance épicentrale
    (km)
    Arrivée de l'onde P (T.U.)
    hh:mm:ss.ss
    Arrivée de l'onde S (T.U.)
    hh:mm:ss.ss
    Déplacement maximal du sol
    (µm)
    Code Nom
    MEM Membach 32.5 05:45:10.94 05:45:15.12 Signaal verzadigd
    EBN Eben Emael 37.9 05:45:11.80 05:45:16.19 Signaal verzadigd
    LCH La Chartreuse 49.9 05:45:13.82 05:45:20.17 505
    STI Sart Tilman 55.4 05:45:14.74 05:45:21.76 Signaal verzadigd
    KLB Kalborn (L) 86.3 05:45:19.73 05:45:29.50 31
    GES Gesves 98.0 05:45:21.24 05:45:33.31 26.8
    UCC Uccle 130.2 05:45:25.86 05:45:41.37 76
    WLF Walferdange (L) 134.4 05:45:26.89 05:45:42.17 69
    SNF Seneffe 141.7 05:45:27.52 05:45:44.51 24.6
    DOU Dourbes 143.3 05:45:27.80 05:45:45.37 33.9
    SKQ Steenkerque 152.1 05:45:28.81 05:45:45.66 16
    BOU Bougnies 168.6 05:45:31.35 05:45:51.98 27.3

    Mesures (temps d'arrivée des ondes P et S, distance à l'épicentre et amplitude maximale du déplacement du sol) pour les stations sismiques qui sont directement reliées à l'ORB par ligne ISDN.



  9. Contexte séismotectonique


  10. Carte séismotectonique. L'épicentre du séisme du 22 juillet 2002 est indiqué par une étoile.

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    Tectonique

    L'épicentre est situé dans le graben de la Roer, un système faillé situé dans la région frontalière entre les Pays-Bas, l'Allemagne et la Belgique et une des zones sismiques les plus actives de l'Europe du Nord-Ouest. Le graben de la Roer est une région orientée nord-ouest/sud-est qui s'enfonce progressivement par l'action tectonique entre la faille bordière de Peel et la faille bordière de la Roer au Nord-est, et la zone faillée du Feldbiss au sud-ouest.

    Mécanisme au foyer

    Orientation Pendage Glissement Représentation
    Plan 1 133° 55° -80°
    Plan 2 293° 36° -104°


    Le mécanisme au foyer fournit un mouvement de faille essentiellement normal, le long d'une faille orientée approximativement nord-ouest/sud-est avec un pendage soit de 55° vers le sud-ouest, soit 36° vers le nord-est. Vu l'emplacement de l'épicentre, la profondeur de l'hypocentre à 13 km et le pendage de la faille bordière, c'est la première alternative qui est la plus vraisemblable. Le tremblement de terre a donc eu lieu vraisemblablement sur la faille bordière de la Roer, sur le bord est du graben.

    Le tremblement de terre du 22 juillet 2002 est donc un séisme typique de cette région, qui contribue à l'effondrement progressif du graben de la Roer. Cette activité tectonique est clairement visible dans la morphologie et dans les couches géologiques récentes.

    Tremblements de terre précédents dans la région

    Avec le séisme d'Uden en 1932 (ML = 4.7), le séisme d'Euskirchen en 1951 (ML = 5.8) et le séisme de Roermond en 1992 (ML = 5.8), le tremblement de terre d'Alsdorf du 22 juillet 2002 compte parmi les quatre séismes les plus importants qui se sont produit dans le graben de la Roer au cours de ces cents dernières années. Il est situé à proximité d'un essaim remarquable d'activité sismique qui s'est développé surtout ces dix dernières années dans les environs d'Aix-la-Chapelle. On a ainsi pu observer, entre décembre 2000 et août 2001, sur le bord Ouest de la faille du graben de la Roer, un essaim d'environ 150 tremblements de terre, dont 13 avaient une magnitude supérieure à 2.0, et le plus fort, une magnitude de 3.9.



  11. Effets du tremblement de terre et sismologie de l'ingénieur

  12. Mesures des accélérations au sol par le réseau accélérométrique belge

    Le tremblement de terre d'Alsdorf est aussi le premier séisme à avoir été enregistré par le réseau accélérométrique belge qui a été déployé en 1999. Les accéléromètres ont été en mesure d'enregistrer les mouvements forts du sol dans la zone épicentrale là où les signaux des sismomètres avaient été saturés (voir stations MEM, EBN et STI sur les séismogrammes).

    Bien qu'assez éloignés de l'épicentre, huit accéléromètres ont enregistré les accélérations du sol causées par le tremblement de terre du 22 juillet 2002. Il est toutefois apparu que seules les ondes S avaient eu une amplitude suffisante pour faire déclencher les instruments, en sorte que les ondes P, qui les précédaient, n'ont pas été enregistrées. Le séisme d'Alsdorf fut un excellent test pour le réseau accélérométrique, qui sera développé et étendu sur base de cette expérience.



    Les trois composantes de l'accélération du sol mesurées par la station accélérométrique de Sainte-Walburge à Liège. Le graphique montre la fin de l'onde P, suivie de l'onde S, qui est bien marquée sur les deux composantes horizontales.


    Station Accélération (% g) Distance épicentrale (km)
    Code Nom
    MASA Maaseik 0.64 39
    KINA Kinrooi - 43
    LCHA Luik (La Chartreuse) - 49
    BREA Bree 0.38 50
    STWA Luik (Sainte-Walburge) 1.01 50
    ALRA Ans (Alleur) 1.12 53
    STNA Saint-Nicolas 0.74 54
    STIA Luik (Sart-Tilman) - 55
    CLHA Chapelle-lez-Herlaimont 0.22 143
    LLVA La Louvière 0.36 149
    MONA Mons 0.25 166
    STTA Strépy-Thieu - 155

    Les accélérations maximales du sol (en % de l'accélération de la pesanteur g) mesurées à différentes stations du réseau accélérométrique belge lors du séisme du 22 juillet 2002.

    Carte macroséismique

    En plus de l'enquête officielle auprès des autorités communales, nous avons mené également lors du tremblement de terre d'Alsdorf, et pour la première fois, une enquête sur l'Internet, via le site web de l'ORB. Dès l'après-midi, plus de 2000 personnes avaient déjà répondu au questionnaire et nous avons reçu au total plus de 6000 réponses. Nous avons pu ainsi établir le jour même une carte provisoire des effets de ce séisme dans notre pays, ce qui nous a permis de répondre immédiatement par la négative à la question du Ministre de l'Intérieur s'il convenait de considérer, ou non, ce tremblement de terre comme catastrophe naturelle.



    Carte macroséimique du tremblement de terre du 22 juillet 2002 basée sur l'enquête menée sur notre site web. Sont uniquement reprises les communes pour lesquelles nous avons reçu au moins trois réponses.


    C'est dans l'est du pays que le séisme a été ressenti le plus. L'intensité maximale observée atteint IV sur l'échelle EMS-98. La secousse a été ressentie à l'intérieur des habitations par un grand nombre d'habitants, mais peu l'ont ressentie à l'extérieur. Quelques personnes ont pu être réveillées. On a entendu vibrer des fenêtres, des portes et de la vaisselle. Les communes où une intensité IV a été observée forment, en gros, un arc de cercle d'au plus 45 km de rayon et centré sur l'épicentre. Au-delà, cette intensité n'est plus observée que dans quelques communes isolées. Il semble que les effets du séisme aient été plus importants dans la direction ouest-sud-ouest. Le séisme a pu être ressenti jusqu'à la côte belge d'où nous sont parvenus quelques témoignages.

    Dégâts signalés

    Normalement, un séisme de ce degré d'intensité ne devrait pas avoir causé de dégâts, mais on ne peut exclure des dégâts légers dans quelques cas isolés. On n'a mentionné aucune victime ou blessé.



  13. Répliques

  14. Dans les deux semaines qui ont suivi le choc principal, on a enregistré plus de 30 séismes, dont 25 ont eu lieu le jour même. Le plus important avait une magnitude de ML = 2.5. La plupart de ces séismes peuvent être considérés comme des répliques, encore que certains d'entre eux aient été localisés en Belgique, dans la région des Hautes Fagnes, à 40 km de l'épicentre.


    Date Heure d'origine (T.U.) Latitude Longitude Profondeur (km) ML
    2002-07-2205:50:13.8950.874° N6.188° E12.02.3
    2002-07-2205:54:00.9550.660° N5.815° E5.01.0
    2002-07-2205:55:48.2850.855° N6.178° E12.01.7
    2002-07-2205:57:57.2150.611° N5.822° E5.00.9
    2002-07-2205:58:00.2650.611° N5.839° E8.01.2
    2002-07-2205:59:13.6050.849° N6.180° E12.01.4
    2002-07-2206:01:58.9250.854° N6.181° E15.01.6
    2002-07-2206:03:51.9450.611° N6.008° E5.00.7
    2002-07-2206:05:45.6250.611° N6.008° E5.00.0
    2002-07-2206:13:59.6550.846° N6.184° E17.01.2
    2002-07-2206:25:42.9950.792° N6.102° E5.01.3
    2002-07-2206:26:33.1350.819° N6.142° E13.01.6
    2002-07-2206:42:52.2050.768° N6.008° E11.01.1
    2002-07-2206:45:18.0950.852° N6.167° E13.01.0
    2002-07-2206:45:23.9650.870° N6.192° E11.01.5
    2002-07-2206:56:00.8550.676° N5.841° E5.00.8
    2002-07-2206:59:16.0050.877° N6.206° E10.00.9
    2002-07-2207:17:00.2050.865° N6.280° E9.01.6
    2002-07-2209:09:58.3050.886° N6.259° E9.02.5
    2002-07-2212:39:13.9050.864° N6.273° E10.02.4
    2002-07-2213:31:57.5050.864° N6.192° E15.01.0
    2002-07-2215:11:43.0050.950° N6.208° E12.00.8
    2002-07-2216:47:51.6050.862° N6.256° E10.02.0
    2002-07-2218:18:39.0050.857° N6.260° E11.01.6
    2002-07-2420:35:38.6050.862° N6.274° E6.01.5
    2002-07-2502:28:15.3050.878° N6.258° E11.02.1
    2002-07-2921:21:28.7050.828° N6.243° E14.01.0
    2002-08-0316:01:46.5050.874° N6.264° E5.01.6
    2002-08-0316:10:40.9050.877° N6.271° E9.01.4



  15. Sources, liens et documents

  16. Sources

    ROB (Royal Observatory of Belgium)

    Liens

    Localisation et calculs par la station sismique de Bensberg (Université de Cologne) (DE)

    Documents



Avertissement : Ces données ne peuvent être utilisées dans le but d'études à des fins scientifiques ou commerciales sans l'avis et l'accord préalable de l'Observatoire royal de Belgique. Dans tous les cas, la citation des données est subordonnée à la citation de la source.
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